Les années de formation: 1893-1944

NOTES BIOGRAPHIQUES : De la naissance de Germaine Guèvremont à la publication de ses premiers textes de fiction (1893-1944)

1893, le 16 avril

Naissance de Germaine Guèvremont, à Saint-Jérôme (comté de Terrebonne). Elle est née Germaine Grignon, fille de Joseph-Jérôme Grignon, avocat, et de Valentine Labelle. À la naissance de Germaine, deux autres écrivains faisaient partie de la famille Grignon. Le docteur Edmond Grignon, frère de Joseph-Jérôme, avait publié, sous le pseudonyme de Vieux Doc, deux ouvrages régionalistes intitulés En guettant les ours et Quarante ans sur le bout d’un banc. Claude-Henri Grignon, cousin de Germaine, auteur des Pamphlets de Valdombre devait se rendre célèbre par son roman Un homme et son péché. Du côté de sa mère, née Valentine Labelle, Germaine Grignon était apparentée au curé Labelle, l’apôtre de la colonisation.

1895

Joseph-Jérôme Grignon est nommé protonotaire-adjoint avec Charles de Montigny. La famille Grignon quitte St-Jérôme pour s’installer à Ste-Scholastique, chef-lieu du district judiciaire de Terrebonne.

1899 (v.) -1909

Début de ses études primaires, chez les Soeurs de Sainte-Croix, à Sainte-Scholastique, puis chez les Soeurs de Sainte-Anne, à Saint-Jérôme et à Lachine. Elle termine ses études à Toronto (Loretto Abbey), où elle étudie, pendant un an, l’anglais et le piano.

1904

Publication du roman Marie Calumet de Rodolphe Girard. Portrait des moeurs d’un village québécois et de ses habitants. Cette oeuvre s’inscrit dans la lignée des « romans de la terre » inaugurée par Patrice Lacombe dans son roman la Terre paternelle (1846). L’oeuvre de Germaine Guèvremont est souvent rattachée à ce genre littéraire.

1910 – 1916

Ses études terminées, elle rentre à Sainte Scholastique; elle y travaille comme substitut occasionnel du sténographe officiel du palais de justice et elle sert de secrétaire aux avocats de passage.

1913

Germaine Guèvremont publie un premier article, le 11 octobre, dans la « Boîte aux lettres » du « Coin des étudiants » du journal Le Canada, sous le pseudonyme « Janrhève ».

1914

Elle collabore à la chronique « Le monde féminin » de L’Étudiant, le journal des étudiants de l’Université Laval de Montréal ainsi qu’à la chronique « Le royaume des femmes » du journal La Patrie. Elle fait la connaissance de Victor Barbeau qui l’interview pour le journal Le Nationaliste. La famille Grignon fait la connaissance de Bebedict W. (Bill) Nyson, journaliste d’origine norvégienne alors à l’emploi du Star de Montréal.

1915

La soeur ainée de Germaine Guèvremont, Jeanne, épouse Bill Nyson à Ste-Scholastique Elle fait la connaissance, à Ottawa, d’Hyacinthe Guèvremont, fonctionnaire au service des douanes qui, en plus, joue au hockey pour le Canadien. Né à Sorel en 1892, il était fils du notaire Alfred Guèvremont (1855-1935) et d’Olive Beauchemin (1861-1950), fille de Moïse-Didace Beauchemin. 1916 (le 24 mai) Elle épouse Hyacinthe Guèvremont. Le nouveau couple s’installe à Ottawa. Ils habiteront quatre ans dans cette ville où naîtront leurs deux premiers enfants, Louise et Marthe.

1920

Les Guèvremont s’installent à Sorel où ils habiteront pendant quinze ans. Avec son frère cadet, Georges, pharmacien, Hyacinthe ouvre une pharmacie. Là naîtront leurs trois derniers enfants, Jean, Lucile et Marcelle. (Sur Sorel en 1920)

1926

Décès de la petite Lucile Guèvremont, née le 17 juillet 1922. Dans l’espoir de l’arracher à sa peine, son beau-frère, Bill Nyson, l’incite fortement de se lancer dans le journalisme. Elle devient correspondante à Sorel pour le quotidien anglophone The Gazette (en 1928) et travaille au Courrier de Sorel, deux publications pour lesquelles elle collaborera jusqu’à son départ de Sorel, en 1935.

1930

Le 26 avril: Décès de son père, Joseph-Jérôme Grignon (1863-1930). Il était le sixième d’une famille de onze enfants, dont les docteurs Wilfrid (père de Claude-Henri Grignon) et Edmond Grignon, mieux connu sous le pseudonyme de « Vieux Doc ».

Publication du recueil À l’ombre de l’Orford d’Alfred DesRochers. La poétique de DesRochers dresse un portrait mi-réaliste,mi-romantique de la campagne des Cantons de l’Est. M. DesRochers jouera un rôle de premier plan dans la démarche littéraire de Germaine, comme en témoigne la correspondance qu’ils tiendront pendant près de deux décennies,soit de 1942 au début des années 1950.

1932

Décès de sa mère, Valentine Labelle (1868-1932). Elle était apparentée, en lignes collatérales, au curé Antoine Labelle (1833-1891) et la cantatrice Albani (1847-1930).

1933

Publication du roman Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon. Ce roman fera l’objet de multiples adaptations, tant à la radio, qu’au cinéma et à la télévision. M. Grignon est le cousin de Germaine Guèvremont.

1935

Alors qu’une crise économique profonde sévit dans le monde industrialisé, et en particulier à Sorel, la famille Guèvremont est contrainte de « s’exiler » à Montréal, où M Hyacinthe Guèvremont s’est trouvé un emploi comme fonctionnaire municipal; Germaine Guèvremont devient alors sténographe et et secrétaire aux Assises criminelles.

1936

Germaine Guèvremont travaille comme sténographe et secrétaire aux assises criminelles au Palais de justice de Montréal.

1937

Publication du roman Menaud maître-draveur de Félix-Antoine Savard. Cette oeuvre s’inscrit dans la grande tradition des romans de la terre.

1938

Germaine Guèvremont publie un premier texte littéraire dans le premier numéro de la revue Paysana, fondée et dirigée par Mme Françoise Gaudet-Smet; elle collaborera de façon très régulière à cette revue jusqu’en 1945. Ce premier texte de Mme Guèvremont, publié en mars 1938, est intitulé Les Survenants.

En avril de la même année, Germaine Guèvremont entreprend la publication sous forme de feuilleton, dans la revue Paysana, de son premier roman intitulé Tu seras journaliste.

Elle renoue avec Victor Barbeau, qui lui offre de succéder à Gérard Dagenais comme chef du secrétariat de la Société des écrivains canadiens, poste qu’elle occupera jusqu’en 1948. À ce titre, grâce au fait qu’elle est bilingue, elle est déléguée aux assises annuelles de la Canadian Author’s Association, à Toronto. Avec son cousin, Claude-Henri Grignon, elle collabore à l’adaptation du Déserteur, première série radiodiffusée des « Belles histoires des Pays d’En Haut » (CBF, 30 septembre 1938-29 avril 1939).

Publication du roman Trente arpents de Ringuet (pseudonyme de Philippe Panneton). Cette oeuvre s’inscrit dans la tradition des oeuvres du terroir.

1939

Les 26 et 27 janvier: Création, au Théâtre Mont-Royal de Montréal, de l’unique pièce de théâtre jamais écrite par Germaine Guèvremont, intitulée Une grosse nouvelle.

1940 – 1942

Elle collabore à la revue L’Oeil, où elle signe une chronique sous le pseudonyme « La Femme du postillon ». Dans ces textes, elle livre à ses lecteurs, sur un ton mi-sérieux, mi-humoristique, ses réflexions personnelles sur les sujets les plus divers.

1942

Parution, aux Éditions Paysana, d’En pleine terre, recueil de quatorze « paysanneries et trois contes, dont la plupart avaient été publiés dans la revue Paysana. Pour qui s’intéresse à l’évolution du style guèvremontien, une lecture comparative de ces textes dans leur version en magazine et celle du recueil s’impose. Pas un paragraphe, pas une phrase même qui n’aient été retouchés.

Elle commence la rédaction du Survenant.

Germaine Guèvremont entreprend une correspondance avec son ami et mentor, le poète estrien Alfred Desrochers, qui s’étalera sur près de deux décennies. Dans ces lettres, Mme Guèvremont parle de son travail d’écriture et de tout ce qui l’entoure.

1943

Décembre: Parution des chapitres 1 et 17 du Survenant dans le second numéro de la revue Gants du ciel..

1944

Le 25 décembre: Elle termine la rédaction du Survenant.

Publication du roman Au pied de la pente douce de Roger Lemelin. Il s’agit de l’un des premiers romans québécois de moeurs urbaines.

Création du prix Duvernay établit par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Ce prix est attribué à chaque année à un auteur pour l’ensemle de son oeuvre.